SAS vol retardé : indemnisation de 250, 400 ou 600 euros
En bref : un retard SAS peut ouvrir une indemnité de 250, 400 ou 600 euros par voyageur lorsque le règlement européen couvre le trajet, que l’arrivée à la destination finale atteint au moins trois heures et que SAS ne démontre pas une circonstance extraordinaire malgré des mesures raisonnables. Le décollage tardif ne suffit pas : reconstituez l’opérateur, l’ensemble de la réservation et l’heure à laquelle les portes se sont ouvertes au dernier aéroport.
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Règles et outils SAS contrôlés le 26 août 2026.
Les quatre tests avant de chiffrer
| Test | Question utile |
|---|---|
| Couverture | Le vol part-il de France/UE, ou revient-il avec un transporteur européen effectif ? |
| Contrat | Les correspondances appartiennent-elles à une seule réservation confirmée ? |
| Durée | Combien de temps sépare l’heure contractuelle et l’ouverture des portes à destination ? |
| Cause | L’événement relevait-il réellement d’un facteur extérieur incontrôlable ? |
Un départ de Paris retardé de quatre heures qui arrive finalement avec deux heures cinquante de décalage ne franchit pas le seuil de l’indemnité pour retard. À l’inverse, cinquante minutes de retard au premier vol peuvent provoquer une correspondance ratée et une arrivée sept heures plus tard sur une réservation unique.
Vols SAS couverts depuis et vers la France
Le départ d’un aéroport français est couvert par EU261 indépendamment de la nationalité du transporteur. Pour un voyage Paris–Copenhague–Tokyo inscrit sur un seul billet, l’examen porte sur le dernier point contractuel, même si la perturbation survient sur le court premier segment. Il faut néanmoins que le voyage forme une unité confirmée et que le passager se soit présenté conformément aux instructions.
Dans le sens retour depuis un pays extérieur à l’UE/EEE, la qualité du transporteur effectif redevient centrale. Un long-courrier réellement exécuté par SAS peut être couvert, tandis qu’un vol commercialisé sous code SK mais exploité par un partenaire non européen peut rester hors du champ européen. Les détails figurent dans la page qui opère un vol SAS.
Le fait d’avoir réservé avec Air France, KLM, Delta, une agence ou un organisateur ne répond pas à cette question. Cherchez la mention d’exploitation pour le segment responsable du retard. En cas de changement de dernière minute, conservez la nouvelle carte d’embarquement et une capture du statut de vol.
Mesurer correctement l’arrivée
La jurisprudence européenne retient le moment où au moins une porte de l’avion s’ouvre et permet aux passagers de quitter l’appareil. L’heure d’atterrissage, le contact des roues ou l’arrivée au poste de stationnement peuvent être antérieurs. Une différence de quelques minutes autour du seuil justifie donc de demander l’heure opérationnelle, de noter l’annonce cabine et de conserver des indices concordants.
Sur une réservation avec correspondance, la destination finale est celle indiquée sur le dernier coupon protégé. Si Paris–Copenhague accuse quatre-vingt-dix minutes de retard, mais que SAS réachemine le passager et le fait arriver à Stockholm trois heures vingt après l’heure contractuelle, c’est ce dernier décalage qui importe. Le seuil n’est pas testé uniquement au point de changement d’avion.
Deux billets séparés changent le raisonnement. Le premier contrat peut s’arrêter à Copenhague, même si le voyageur avait organisé lui-même un départ vers Reykjavik. Sauf garantie spécifique, SAS n’a pas automatiquement accepté le second itinéraire comme destination finale. Le préjudice du billet perdu peut relever d’une autre base, mais il ne transforme pas mécaniquement la première réservation.
Le guide consacré au retard de trois heures à destination propose une chronologie adaptée aux correspondances.
Calculer le montant sans additionner les segments
| Trajet pertinent | Indemnité théorique |
|---|---|
| 1 500 km au maximum | 250 € par personne |
| Plus de 1 500 km dans l’UE, ou 1 500 à 3 500 km dans les autres cas | 400 € par personne |
| Plus de 3 500 km hors catégorie intracommunautaire | 600 € par personne |
La distance retenue est en principe celle entre le premier aéroport et la dernière destination protégée à vol d’oiseau. On ne totalise pas la longueur de Paris–Copenhague puis celle de Copenhague–New York. Pour trois personnes éligibles dans la catégorie 600 euros, la demande atteint 1 800 euros, même si un seul dossier de réservation regroupe la famille.
Une réduction à 50 % peut intervenir après un réacheminement dont l’arrivée reste dans une marge légale : au plus deux heures pour la première catégorie, trois pour la deuxième et quatre pour la troisième. Une arrivée à trois heures cinquante sur un long-courrier peut donc entraîner 300 euros plutôt que 600, mais seulement si toutes les conditions de cette réduction sont remplies.
Le tarif du billet ne plafonne pas l’indemnité. Un billet prime ou très bon marché peut rester éligible s’il était accessible au public ou émis dans un programme commercial. Les taxes, points et options doivent cependant être traités séparément en cas de remboursement.
Cause du retard : demander une explication individualisée
SAS ne peut pas écarter la demande avec les seuls mots « incident opérationnel ». La réponse doit identifier l’événement, son moment, son lien avec l’avion ou la rotation et les moyens raisonnables envisagés. Une limitation de capacité imposée par le contrôle aérien ou une météo dangereuse peut être extraordinaire ; un problème d’organisation interne ou une panne habituelle ne l’est généralement pas.
La compagnie doit aussi montrer qu’elle n’aurait pas pu éviter le retard malgré des mesures adaptées. Un événement extérieur au matin n’explique pas nécessairement chaque retard en chaîne jusqu’au soir. Demandez la chronologie du vol et ne supposez pas qu’un aéroport encombré prouve automatiquement l’exception.
Même si le forfait est exclu, la prise en charge demeure. Selon la durée d’attente et la distance, SAS doit proposer repas et boissons en proportion du délai. Une nuit rend normalement nécessaires l’hôtel et les transports entre l’aéroport et l’hébergement. Les dépenses raisonnables restent réclamables si l’aide concrète faisait défaut.
Preuves à conserver pendant le voyage
Photographiez le tableau des départs, gardez les notifications de l’application et notez les annonces données à la porte. Le PNR, le reçu électronique et les cartes d’embarquement montrent la chaîne contractuelle. Pour l’arrivée finale, une capture horodatée, un message d’un proche ou le suivi aéroportuaire peuvent compléter les données officielles.
Conservez également :
- la mention « operated by » de chaque segment ;
- l’itinéraire avant toute modification ;
- les heures de chaque alternative proposée ;
- les justificatifs de repas, hôtel et transfert ;
- l’identité de chaque passager et ses coordonnées de paiement.
Ne réclamez pas un total global sans ventilation. Distinguez la somme forfaitaire par personne des frais réels et d’un éventuel remboursement de billet. Cette présentation permet à SAS de statuer poste par poste et facilite une contestation.
Envoyer puis suivre la demande
Utilisez le formulaire SAS après le voyage et joignez une chronologie factuelle : itinéraire, vol perturbé, opérateur, arrivée finale, cause communiquée et montant. Le formulaire de réclamation SAS expliqué fournit une liste de contrôle. SAS indique actuellement viser un traitement sous trente jours sur sa page de suivi, mais conservez la confirmation et relancez dans le même dossier si ce délai passe.
En cas de rejet, demandez les faits et preuves qui soutiennent l’exception. Un signalement DGAC ne remplace ni le paiement ni la médiation. Depuis février 2026, certaines actions devant un tribunal français exigent une médiation préalable, sous réserve des règles transitoires et de la recevabilité. Il faut donc suivre la séquence réclamation, recours amiable approprié, puis action éventuelle.
La réforme de juillet 2026 introduira ultérieurement un délai européen de neuf mois et une réponse réglementaire sous trente jours. Elle n’est pas applicable au contrôle du 26 août 2026. Ne laissez pas cette transition différer une demande actuelle.
FAQ
Quatre heures de retard au départ donnent-elles toujours droit à une indemnité ?
Non. Le seuil de trois heures se vérifie à l’arrivée finale. Un avion peut récupérer du temps ou, au contraire, une courte attente peut provoquer une longue correspondance manquée.
Quelle heure d’arrivée faut-il utiliser ?
Retenez normalement l’ouverture de la première porte permettant la sortie, et non l’atterrissage. Demandez les données opérationnelles si quelques minutes décident du résultat.
Une panne technique SAS exclut-elle automatiquement le paiement ?
Non. Les défaillances inhérentes au fonctionnement habituel restent généralement dans la sphère de la compagnie ; certains événements externes ou défauts cachés peuvent être traités autrement.
SAS peut-elle diviser 600 euros par deux ?
Oui uniquement si le réacheminement place l’arrivée dans la marge légale de la catégorie et si les autres conditions de réduction sont respectées.
Les repas sont-ils remboursables sans indemnité forfaitaire ?
Ils peuvent l’être. L’assistance dépend de l’attente et non de la preuve d’une faute de SAS ; gardez des factures raisonnables lorsque rien n’est fourni.